Un chien d'assistance, ou de service social, est reconnu comme chien d’utilité. Attention à ne pas le confondre avec le chien médiateur qui est à la base un chien de compagnie ayant reçu une certaine éducation pour les séances de médiation. Le chien d’assistance suit, lui, une formation spécifique de deux ans et il doit répondre à des critères précis. C’est un chien de travail au même titre que :
Parmi les races les mieux disposées à devenir chiens médiateurs, on trouve les golden retrievers. Aux États-Unis, ce sont les retrievers, mais aussi les spaniels et les bouledogues français qu’on voit fréquemment aux côtés des personnes autistes. Les petits molossoïdes possèdent un mental fort et acceptent mieux les manipulations que d’autres races. C’est pour ces raisons qu’ils sont le plus souvent choisis pour accompagner les enfants, dont ils sont naturellement proches. Les chiens d’assistance sont une aide précieuse en cas de troubles psychologiques, post-traumatiques, psychiatriques, et des troubles neurologiques dont ressort l’autisme.En France, pour avoir un véritable chien d’assistance, il faut une reconnaissance à la MDPH (Maison départementale des Personnes Handicapées), un taux minimum de 50 % d’incapacité, être éligible à l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) ou à l’AEH (Allocation Enfant Handicapé) et être éligible à la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), dont dépend l’Aide Animalière. Cette dernière est de 50 euros par mois pendant 5 ans. Elle a pour but d’aider la personne en situation de handicap à financer le coût de l’entretien de son chien d’assistance.
Un chien d’assistance a pour but de diminuer le handicap d’une personne souffrant de troubles, dont ceux du spectre autistique. Il connaît au minimum 50 commandes et 3 tâches. Les commandes sont des ordres de base pour une seule action comme assis, couché, debout, viens ici, etc. Une tâche est un ensemble de commandes réalisées les unes après les autres :
Il existe des systèmes de cordes à adapter sur toutes les poignées de la maison afin de simplifier le travail des plus petits chiens. Les plus gros sont quant à eux capables de mettre une personne en position latérale de sécurité ! Ils peuvent aussi assurer une certaine stabilité à ceux qui ont une mauvaise coordination et des problèmes moteurs. Ils facilitent la mobilité, sont un soutien indéfectible sur lequel on peut s’appuyer, se rattraper, et retrouver l'équilibre.Connaissez-vous la presso-thérapie ? Cela concerne toutes les races de chiens thérapeutes, à qui on a appris à venir se positionner sur une personne à des endroits précis. En fonction de son poids et de sa taille, l’animal se place sur des parties du corps telles que la cage thoracique, les jambes ou encore le ventre. Ces pressions ont pour effet de diminuer les tensions et les douleurs.
Les chiens de service social ont un rôle de soutien psychologique très important. Les personnes autistes sont, entre autres, sujettes aux crises d’angoisse. Leur compagnon canin va les rassurer, les apaiser, les réconforter et les aider à mieux gérer leurs émotions. Par exemple, un chien sentant venir une crise va réclamer l’attention de son humain. Mettant de côté ses préoccupations, celui-ci va s'occuper du chien, et pour un temps oublier ses soucis. Une personne autiste a besoin que sa routine soit respectée et tolère peu les surprises. Si la routine est perturbée, c’est très déstabilisant. La gêne se traduit alors par des gestes à répétitions, tics ou tocs, car ce sont des choses qui rassurent celui qui les produit. Prendre soin de son animal est une activité saine qui pallie ces comportements compulsifs. Les sauts d’humeurs, l’hypersensibilité au bruit ou à la lumière, l’incapacité à relativiser les événements sont autant de problèmes rencontrés par les autistes, que peuvent amoindrir des chiens d’assistance.Le besoin de solitude est souvent ressenti par une personne souffrant de troubles du spectre autistique ; c’est ainsi qu’elle se ressource. La présence de son chien, au contraire de la présence des humains, n’est pas un poids. Il est le meilleur interlocuteur qui soit, quand on a des difficultés pour communiquer avec ses semblables et à vivre en société.
Les troubles autistiques regroupent un large spectre de symptômes et sont souvent associés à d’autres pathologies. Un chien d'assistance parfaitement éduqué est une alerte médicale en cas de danger de mort. Il est capable de détecter et de prévenir :
Florence Joulain, fille unique, a toujours eu des chiens dans sa famille : ses confidents privilégiés. Plus proche des animaux que des humains, elle adopte en 1990 le premier véritable compagnon de sa vie d’adulte. Une dizaine d’années plus tard, elle s’inscrit au club canin de Rennes-Cesson, puis au club nantais, où elle obtient son MEC, diplôme de Moniteur en Éducation Canine. Elle passe également par le club de Saint-Mars-la-Jaille, avant de s’arrêter à celui de Châteaubriant, en Loire-Atlantique où elle est toujours adhérente aujourd’hui. Dans les années 2000, accumulant les problèmes de santé, elle est “devenue handicapée”. Elle suit cependant son mari expatrié aux États-Unis. Son chien Charlie est évidemment du voyage ! Avec lui, Florence est bénévole au sein d’une association qui forme des chiens d’assistance. Charlie l’aidait déjà à apaiser ses angoisses, à gérer ses troubles et à marcher ; il a été certifié aux USA ! Rentrée en France depuis, elle a créé une lignée d’assistance avec ses propres chiens, tous des bouledogues français. Présidente de la FCAPI, (l’Association France Chien d’Assistance Personnalisée et Individualisée) qu’elle a montée en 2012, elle éduque “des chiens sur mesure” pour chacune des personnes en situation de handicap bénéficiant du programme de l’association ; parce qu’il y a “autant d’autistes que d’autismes”. Cette extraordinaire femme forte a décidémment plus d’une corde à son arc : elle a aussi suivi des cours à l’Institut Supérieur des Soins aux Animaux de la Roche-sur-Yon, et possède un petit élevage familial… de bouledogues français bien sûr !